École : évolution de l’enseignement

L’enseignement marocain a traversé diverses réformes pour arriver au point où elle se trouve maintenant. En tant que parents, il est toujours utile de connaître son passif afin de mieux appréhender la situation actuelle. Mais aussi, cela permettre de bien comprendre les différences entre les écoles : privées ou publiques, francophones ou arabophones.

L’enseignement marocain : d’hier à aujourd’hui

On n’est plus à cette époque d’avant le protectorat où l’enseignement était majoritairement religieux, avec un très faible taux d’alphabétisation généralisé. Ou encore dans les années 1980 où le système éducatif national était islamisé et arabisé avec le français comme langue étrangère et langue d’apprentissage des matières scientifiques. Etant une initiative istiqlalienne, cette politique d’arabisation avait fait chuter les résultats des élèves et avait attisé la flamme de l’Islamisme extrémiste.

En 1999, une profonde réforme de l’éducation a été instiguée. Cela avait amené à la « décennie de l’Education »  entre 2000 et 2009. Ce programme de redressement fut complété avec le Programme d’Urgence de d’Education de 2009 à 2012 appuyé par l’UE (Union Européenne), l’AFD (Agence Française de Développement), la BAD (Banque Africaine de Développement) et la BEI (Banque Européenne d’Investissement). A partir de 2016, la langue française prend plus d’ampleur au niveau des classes élémentaires.

Après l’abolition des multiples réformes peu fructueuses, le TBS (taux brut de scolarisation) au pays n’a cessé de croître sur tous les niveaux d’apprentissage. Il en fut de même du taux d’achèvement pour les classes du primaire. Le pays a enregistré une remarquable hausse du taux d’alphabétisation des adultes : on est passé de 52 % en 2004 à 78 % en 2012. Et les efforts continuent. Cela grâce à une implication de l’Etat mais surtout grâce à une formation suivie des enseignants.

Aujourd’hui (en 2019), le système éducatif du Royaume conglutine différents systèmes : le public, le privé, le francophone et l’arabophone. Le secteur public se trouve sous l’égide du Ministère de l’Education Nationale. En ce qui concerne les institutions privées, elles sont administrées par des entités privées ou des agences d’enseignement dont l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger). Ce pays d’Afrique du Nord compte aussi des écoles sous l’ECAM (Enseignement Catholique Au Maroc) présidées par l’archevêque de Rabat, Monseigneur Vincent Landel. 

On assiste à une réelle révolution des écoles au Maroc et du transport scolaire au Maroc ces dernières années. Toutefois, la pullulation des institutions privées a entraîné une certaine inégalité de la qualité des enseignements. En outre, les écoles françaises privées forment principalement la génération des enfants issus de milieux aisés et de la classe moyenne. Leurs élèves y ont plus de chances de suivre un brillant cursus en médecine, en ingénierie, ou autres orientations d’excellence au Maroc. Ils ont même plus l’opportunité d’intégrer les Grandes Ecoles de France. A contrario, le secteur public arabisé ne compte qu’une poignée d’élèves au potentiel prometteur sur des milliers de scolarisés. Le reste des étudiants possède un faible niveau.

Les perspectives d’amélioration en vue

Pour équilibrer la balance entre écoles privées et publiques, une vision stratégique 2015-2030 pour la réforme de l’Education marocaine a été mise en œuvre par le Ministère de l’Education. Celle-ci tourne autour de plusieurs axes :

·        L’éducation pour tous 

Depuis 2015, on observe l’ouverture d’une centaine de nouvelles écoles par an (source : ministre de tutelle Saaïd Amzazi). Pour appuyer ce déploiement massif, 70000 enseignants ont été recrutés à l’horizon 2019. Ces initiatives se sont surtout tournées vers le monde rural. Des établissements communautaires et des internats ont été créés. Résultats des courses : le taux de scolarisation y a atteint les 99 % en primaire et 91 % au collège. Les principaux défis qui perdurent restent la scolarisation généralisée des milieux ruraux et surtout des petites filles.

·        Dispositif Tayssir contre l’abandon scolaire

Malgré les améliorations apportées, on assiste toujours à un important abandon scolaire au Maroc. Le taux actuel (en 2019) pointe vers les 5% pour le primaire (toutes catégories confondues) et vers les 10,7% pour le collège. Le but est de baisser ce taux à 1% et à 3% d’ici 2025. Comment ? Avec l’extension du projet d’appui scolaire Tayssir à plus de 2 100 000 de bénéficiaires sur augmentation de son enveloppe budgétaire.

·        Les mesures par niveaux d’étude

Pour la préscolaire, le ministère vise une généralisation de l’enseignement avec obligation de scolarisation des enfants dès 4 à 5 ans. Ce qui rend l’école maternelle obligatoire, contrairement aux temps de la post-indépendance. L’Etat projette d’équilibrer la balance des enseignements préscolaires vu que le traditionnel (écoles gérées par le secteur privé ou entité associative) prédomine avec 60 %.

Pour encourager l’achèvement de la scolarité des enfants, un peu moins d’un millier d’internats ont été créés. 60% de ces derniers sont attribués au monde rural afin de bloquer le phénomène de décrochage des études. Pour appuyer cette lutte contre la cession de la scolarité, l’Etat soutient la création des écoles de la 2è chance ou de l’éducation non formelle.

·        Les conditions d’apprentissage

D’ici 2021, le Ministère s’engage à diminuer le nombre des élèves par classe à moins de 40 élèves. Afin de faciliter le passage du lycée à l’enseignement supérieur, une refonte des filières du baccalauréat sera appliquée. Des filières professionnelles seront créées. Et l’orientation des élèves débutera dès la primaire (vers la 6ème année). Pour finir, Amzazi soutient une stratégie de renforcement des langues dans l’enseignement marocain. En primaire, on se focalisera d’ores et déjà sur la pratique de la langue française. On s’appliquera aussi à la vulgarisation de la langue anglaise.