Assistance scolaire entre particuliers

Lorsqu’on évoque la notion de « soutien scolaire », on pense aussitôt à l’assistance scolaire particulier. C’est une des formes d’accompagnement les plus répandues pour les élèves avec  des difficultés en classe. Pour cause, le suivi est meilleur et l’approche est efficace. Au Maroc, il n’est guère étonnant que le déploiement en est massif voire frénétique.

Assistance scolaire particulier au Maroc : les modalités

Le soutien scolaire entre particuliers se définit comme une aide personnalisée pour un élève en difficulté. En général, il s’agit de cours tenus à domicile par un professeur qualifié. Les séances sont flexibles et individuelles. Le professeur va aider l’enfant à résorber ses lacunes et à améliorer ses résultats scolaires. Il ne s’agit pas uniquement de transmettre des connaissances. A travers une approche sur mesure, l’enseignant particulier va inculquer à l’enfant de meilleures méthodologies de travail. En se perfectionnant, ce dernier gagnera en confiance et parviendra à être plus autonome.

Les parents recourent à une assistance scolaire particulier pour leur enfant de le cadre des situations suivantes :

  • préparation aux examens de fin de cycle (concours, examens finaux, brevet, baccalauréat)
  • aide aux devoirs : le répétiteur assiste l’élève dans la révision de ses cours et dans ses devoirs
  • cours de langue : il s’agit de cours spécifique à l’apprentissage d’une langue étrangère et de l’arabe
  • coaching scolaire : cette solution consiste à redonner de la motivation à l’enfant pour qu’il soit plus concentré en classe. Elle repose sur une approche psychologique et non d’aides pédagogiques.

Les cours particuliers sont généralement tarifés à l’heure. Les séances hebdomadaires varient d’1 à 3 séances.  C’est selon les besoins de l’enfant et des parents.

Les cours particuliers : une éducation injuste au Maroc

Depuis quelques années, le Royaume enregistre un important engouement pour l’assistance scolaire particulier. Beaucoup d’enseignants s’y investissent et négligent parfois leur poste de professeurs d’école. Les parents sont alors contraints de recourir à cette fore d’accompagnement pour garantir la réussite scolaire de leurs enfants.

En moyenne, les encadreurs particuliers sont payés 100 dh la demi-heure et 6000 dh sur pack d’un trimestre. Ces derniers y voient ainsi une aubaine certaine pour faire fortune rapidement. A Casablanca, on peut voir des enseignants du secteur public rouler dans des voitures de marque. Ils se permettent de fair étalage de leur opulence financière. Les élèves des établissements publics sont obligés de recourir à leurs services pour renforcer leurs acquis dans les matières scientifiques. Ceux des écoles privées doivent passer par des cours de soutien à domicile s’ils veulent être capables d’obtenir le nombre de points requis pour intégrer les Grandes Ecoles.

Cependant, beaucoup de professeurs particuliers exercent dans un cadre informel. Ce secteur de l’éducation est totalement hors de contrôle. Pour preuve, il n’existe aucune norme de tarification concernant ce type d’accompagnement scolaire. En moyenne, c’est 100 dh les 30 minutes. Mais les particuliers les plus demandés n’hésitent pas à imposer le double. Et le comble est que ces derniers trouvent toujours des clients. Le revers de ce marché florissant au Maroc est que les enseignants ont délaissé leur poste de fonctionnaire de l’Education Nationale au profit de cette bonne fortune. Un professeur qui se consacre pleinement à ses cours particuliers peut encaisser au moins 65000 dh le mois. On constate aussi que souvent, certains professeurs feignent d’enseigner au sein des écoles privées et publiques. Ils ne s’appliquent que lorsqu’ils prodiguent leurs cours de soutien. Dès lors, on assiste à une éducation injuste et inégalitaire au Maroc (selon un rapport de la Banque Mondiale en 2017).